mardi 28 juillet 2009

Apporte-moi la flûte et chante !



Apporte-moi la flûte et chante !

Apporte-moi la flûte et chante !
Car le chant est le mystère de l'éternité…
Et les gémissements de la flûte restent,
même après la fin de l'existence…
As-tu pris de la forêt
pour ton domicile plutôt que le palais ?
As-tu déjà escaladé les ruisseaux et les rochers ?
Tu t'es déjà baigné dans un parfum
puis tu t'es séché avec le soleil?
As-tu goûté le vin du matin
des coupes de l'éther?
Apporte-moi la flûte et chante
qui est le mystère de l'éternité…
Et les gémissements de la flûte restent
même après la fin de l'existence…
Tu t'es assis, au crépuscule,
seul parmi les vignes...
Parmi leurs grappes suspendues comme des lustres d'or...?
As-tu fait de l'herbe ton lit pour la nuit?
Es-tu t'enveloppé dans l'air du soir
Et pris le ciel pour couverture ?
En tant que tu permets à l'avenir de venir
et de laisser aller le passé?
Apporte-moi la flûte et chante
afin de permettre à nos cœurs d'être en équilibre…
Et les gémissements de la flûte restent
même après la fin de tous les péchés…
Apporte-moi la flûte et chante
Et oublie toutes maladies et leurs traitements…
Puisque les personnes ne sont que des poèmes écrites, mais avec de l'eau.

***


Gibran Khalil Gibran
(جبران خليل جبران)


Gibran figure en bonne place parmi les poètes et peintres issus du Moyen-Orient, grâce notamment à son recueil :


Le Prophète. Né au Liban (1883 à Bcharré - 1931 à New York), il a ensuite séjourné en Europe et surtout aux États-Unis où il a passé la majeure partie de sa vie.


Chrétien catholique de rite maronite, son Église jugera hérétique son troisième livre, Esprits rebelles (l'appel du prophète), qui sera brûlé en place publique par le pouvoir ottoman en 1908.


On l'a souvent comparé à William Blake.

dimanche 31 mai 2009

Ne change pas !

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Ne change pas !

J'ai été névrosé pendant plusieurs années.

J'étais plein d'angoisses, déprimé et égoïste.

Et tout le monde me répétait de changer.

J'en ai voulu à tout le monde,

puis je suis tombé d'accord avec tout le monde,

et j'ai pris la résolution de changer,

mais je n'y parvenais pas, quels que fussent mes efforts.

Ce qui me blessa le plus fut le fait que mon meilleur ami, lui aussi, insistait pour que je change.

Et je me sentis démuni et pris au piège.

Mais un jour il me dit :

« Ne change pas. Je t'aime comme tu es. »

Ces paroles résonnèrent comme une musique à mes oreilles :

« Ne change pas... Ne change pas... Ne change pas... Je t'aime... ».

Je me détendis. Je repris vie. Puis, ô merveille, je changeai !

Comme un chant d'oiseau.

Anthony de Mello